Victor : 15 ans d’évolution au coeur de LMDES

Victor : 15 ans d’évolution au coeur de LMDES 

Dans le cadre de notre projet « Visages et Voix de LMDES », nous rencontrons Victor, coordinateur de production arrivé en 2010-2011. Son parcours illustre parfaitement comment on peut grandir avec une entreprise, passer de responsable d’un site à coordinateur de l’ensemble de la production, et s’investir pleinement dans un projet qui devient bien plus qu’un simple travail.

Des stations de montagne à l’entreprise adaptée

Avant d’arriver chez LMDES, Victor mène une vie très différente : « Avant d’arriver ici, je faisais des saisons en station à Tignes. À l’Office du Tourisme, à l’animation. » Son parcours académique le destinait pourtant à ce secteur : « J’ai un BTS Management d’unité commerciale. Après, je me suis spécialisé Management de station de montagne à Toulouse. » Mais la réalité du terrain le rattrape rapidement : « Une formation orientée sur les stations des Pyrénées, qu’ils ne connaissaient pas du tout ici. J’ai galéré à trouver du taf. » Il enchaîne alors les saisons : « Deux étés, trois hivers, je crois, ou l’inverse. » L’expérience de la vie en station finit par le désenchanter : « Un coup, j’ai vu la vie hors saison, là-haut, à 2000 mètres d’altitude. La neige le 21 juin. Tu sors la veille, t’es en tongs. Le matin, t’es en bottes de neige. » Le constat est sans appel : « Si t’es pas commerçant ou moniteur, t’as pas les moyens de bien vivre là-haut. Sinon, tu vis dans 13 mètres carrés. Difficile à se projeter. » Entre deux saisons, il fait « des petits boulots. Serveur. Des kebabs. Des commerces du coin. » C’est alors que Romain Bouvarel, qui s’occupait de la comptabilité de LMDES, lui parle d’une opportunité : « Un samedi matin, je suis venu voir Alain et il cherchait un responsable pour Saint Marcel. »

Les débuts à Saint-Marcel : apprendre sur le tas

Victor se lance dans l’aventure et commence à gérer le site de Saint-Marcel pendant quatre ans : « J’étais à la route tous les jours. » L’activité se développe progressivement avec le début de SFAM et diverses missions : « On faisait les colis pour eux. Des titres restaurant, des sachets de bonbons, des vêtements. Les enveloppes Spartos. On montait un camion d’enveloppes par semaine. »

L’évolution vers la coordination de production

Progressivement, le rôle de Victor évolue : « Je suis rapatrié avant que le site ferme. Pour superviser tous les sites : Grenoble, Saint-Marcel, l’atelier de Saint-Jean et le routage. » Mais les départs se succèdent et redistribuent les cartes : « Loïc s’en va, le responsable du routage. Je me suis plutôt spécialisé routage. » À l’atelier, Nadine occupe le poste de responsable. Le développement de SFAM intensifie l’activité logistique, ce qui mène à l’embauche de Dorian pour renforcer ce secteur. Fin 2019-2020, c’est la fermeture de Saint-Marcel : « On a tout démonté là-bas, remonté ici. C’était le bordel. » Entre-temps, un nouveau défi s’est présentait : Charline part en congé maternité ; il faut une solution pour gérer la Cave Noisel. Victor et Émilie, responsable du site du Fontanil, se portent volontaires : « Avec Émilie, on a proposé de s’en occuper. » Cette gestion temporaire dure finalement plus d’une année complète. Récemment, l’arrivée d’Amandine comme responsable de la Cave Noisel, couplée au départ de Nadine de l’atelier, repositionne Victor : « Tu récupères complètement l’atelier. Multicasquette. Un peu toutes les joies. » Aujourd’hui coordinateur de production, Victor supervise l’ensemble des activités : atelier, routage, projets de diversification, travaux et développements.

Ce qui fait rester : confiance et proximité

Après 15 ans, Victor identifie clairement ce qui le retient : « Il y a un gros truc, c’est la proximité par rapport à mon habitation. Trouver du taf dans le coin, ce n’est pas évident. » Mais ce n’est pas tout : « Il y a eu des moments où j’en ai eu marre. Il y a eu des recherches. Mais on s’est retroussé les manches pour que ça marche. Il y avait deux choix : soit tu quittes le navire au milieu de la crise, soit tu rames. » La confiance accordée est déterminante : « Ils me font confiance. C’est ça qui est cool. Je sais qu’ils me font confiance et je me débrouille. Je n’ai pas de pression. Je n’ai que la pression que je me mets. » Cette autonomie a ses avantages : « Il y a des matins, c’est chaud. Tu te mets la pression par rapport au client, par rapport au salarié. Mais quand tu y arrives, c’est cool. » L’équipe compte aussi beaucoup : « On a vraiment une bonne ambiance, une bonne équipe. Avec Charline, Cédric. Avec Cathy qui gère son service toute seule. On a bien remonté le truc pour que ça tourne. » Le passage en SCOP renforce cet engagement : « Dès qu’ils ont proposé ça, c’était cool. C’est ma boîte. Je réfléchis pour la boîte, je ne réfléchis pas pour moi. »

Le handicap : des problématiques finalement universelles

Victor arrive avec peu d’expérience du handicap en entreprise : « Pas d’appréhension. Mais pour moi, on n’avait plus les mêmes problèmes. » La réalité le surprend : « En échangeant avec d’autres, avec nos clients qui ont sympathisé, ils ont les mêmes problèmes que nous. Ceux qui font ce qu’ils veulent, qui ne préparent pas les commandes comme il faut. C’est tous les mêmes problèmes. » Son constat est clair : « On a les mêmes problématiques que les autres, sauf qu’on adapte les postes. On a les râleurs, ceux qui sont de bonne humeur. Ce n’est pas les plus gros râleurs qui ont forcément le plus gros handicap. » Cette prise de conscience apporte une relativisation : « Toi aussi, le matin, quand tu as mal partout, tu relativises. En ce moment, la crise. Tu penses à toi, tu peux rebondir, mais eux, ils vont faire quoi ? Si ça coule, sur les soixante handicapables, tu n’en as pas soixante qui vont retrouver du taf. » La dimension sociale de son métier prend du sens : « C’est sympa de faire ça aussi via son métier. Mais on l’oublie un peu dans nos façons de faire. On pourrait faire plus simple. Mais ça reste la base du projet LMDES. Il ne faut pas toujours réfléchir qu’en chiffres. »

Une entreprise familiale qui ne cesse de se réinventer

Ce qui caractérise LMDES selon Victor ? « Tu n’as jamais une journée pareille. Tu ne sais jamais ce qui t’attend. On a monté les boîtes d’oeufs, on a inventé des trucs. On y arrive et ça marche. » Les nouveaux projets se succèdent : « La Cave Noisel, pareil. Le patron nous sort ça un matin. Je pense qu’avec Charline, on était pareil. On n’avait déjà pas le temps de faire le reste. Et Alain nous rajoute ça. » Puis le déclic : « On commençait à regarder les chiffres. On ne se rendait pas compte que la Cave Noisel avait déjà un sacré réseau. C’est donc devenu une opportunité de développement et de stabilisation pour LMDES. C’est ça, l’MDES. D’un coup, tu es à gauche, d’un coup, tu es à droite. » L’esprit familial se manifeste aussi dans les moments de convivialité : « On est partis à Saint-Tropez avec toute la troupe. Les vingt ans, c’était sympa. On a fait quelque chose de quali. Les concours de boules, les tournois. C’est toujours là où tu as des souvenirs et où tu arrives à créer des liens. » Cette ambiance se retrouve au quotidien : « Il y a un vrai sentiment d’entreprise familiale. Ils ont leur petit groupe en dehors de nous. Ils partent en week-end ensemble. Ça, c’est trop bien. »

Les défis à venir

Victor voit l’avenir avec un mélange de pragmatisme et d’optimisme : « Dans les savons, dans les produits d’hygiène, dans la logistique, j’espère que tous nos nouveaux projets vont décoller. » Le prochain défi est déjà identifié : « Les calendriers de l’avent arrivent. Entre travail à façon et logistique. 30 000 colis. Le travail à façon, on sait faire, mais la logistique, on en a pas fait souvent. Il va falloir être carré. C’est le nouveau challenge. » Sa projection à cinq ans est claire : « Si on passe la crise, on sera encore là. Pour tout le monde. Pour nous, mais aussi pour toute la bande à LMDES. » L’engagement reste total : « S’il y a besoin de venir un samedi, trois quarts de l’équipe sera volontaire. Ça veut dire qu’on améliore aussi le management. C’est ça qui fait que l’ambiance est bonne et le boulot sort. » Le parcours de Victor chez LMDES illustre comment on peut passer d’un job alimentaire à un véritable engagement professionnel et humain.

En 15 ans, il est devenu bien plus qu’un coordinateur de production : il est un pilier de l’entreprise, témoin et acteur de son évolution. Son histoire montre qu’une entreprise adaptée, au-delà de sa mission sociale, peut offrir les mêmes défis, la même complexité et la même richesse humaine que n’importe quelle autre entreprise.

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