Laurence : de l’élevage à la Cave Noisel, le plaisir de travailler avec les autres
Dans notre série consacrée aux visages de LMDES, nous rencontrons Laurence. Son parcours l’a menée de l’élevage en montagne à une boutique de sabots en ligne, puis à la fabrication des produits de la Cave Noisel. Elle ne s’imaginait pas travailler ici, encore moins passer une partie de ses journées en cuisine. Aujourd’hui, elle apprécie la diversité de ses missions, le contact en boutique et, surtout, les personnes avec qui elle travaille.
Une vie professionnelle pleine de détours
« J’en ai tellement fait », répond Laurence lorsqu’on lui demande de raconter son parcours. Pendant plusieurs années, elle a travaillé dans l’élevage. Elle partait en estive, en montagne, et tenait aussi des refuges. Ce métier demandait de l’autonomie, de l’endurance et une bonne capacité à s’adapter à chaque journée. Après son retour dans la région, Laurence crée une boutique de sabots en ligne, pour hommes, femmes et enfants. L’activité fonctionne, mais le quotidien finit par lui peser. Elle travaille chez elle, dans son atelier, et voit peu de monde. « Le côté social, je ne voyais plus personne », explique-t-elle. Ce n’est pas tant son activité qu’elle souhaite fuir : elle a surtout besoin de retrouver des collègues, des échanges et une vie professionnelle partagée. Cette envie va jouer un rôle décisif dans la suite de son parcours. Laurence suit alors une formation, sans savoir précisément où elle la mènera. Elle pense d’abord au commerce, un domaine qui correspond à son goût du contact. Dans ce cadre, elle découvre LMDES et rencontre Charline. « Ça a été un pur hasard », dit-elle. Le hasard lui ouvre finalement la porte de la Cave Noisel.
Une arrivée et beaucoup de choses à apprendre
Avant de rejoindre la Cave Noisel, Laurence découvre brièvement une autre activité de LMDES lors d’un stage. Elle comprend que rester assise toute la journée ne lui conviendrait pas. La Cave Noisel lui offre davantage de mouvement et de variété. Elle se souvient de ses débuts : d’abord l’emballage, puis une initiation à la fabrication, avant de découvrir aussi l’ordinateur de la boutique. Nathalie l’accompagne particulièrement dans cet apprentissage. « Elle m’a appris plein de choses », raconte Laurence. La fabrication représente une surprise. Laurence avait cuisiné lorsqu’elle tenait des refuges, mais elle ne pensait pas retrouver cette activité dans son travail aujourd’hui. « Absolument pas. Mais vraiment pas », répond-elle quand on lui demande si elle avait imaginé fabriquer les produits de la Cave Noisel. Elle apprend pourtant à prendre sa place dans cette activité. Les fabrications changent, les gestes aussi, et il faut être attentive à ce que l’on fait. Laurence se souvient même d’une fournée ratée après une erreur de thermostat. Elle a recommencé. Elle raconte cet épisode sans chercher à le cacher : une erreur arrive, et le travail reprend.
Fabriquer, emballer, accueillir
Aujourd’hui, Laurence travaille principalement à la fabrication, tout en restant polyvalente. Elle connaît aussi l’emballage et la boutique. Cette diversité lui convient, même si elle a une préférence très nette : l’accueil des clients. « Pour le contact », répond-elle lorsqu’on lui demande pourquoi elle aime tant la boutique. Laurence apprécie de parler avec les visiteurs, mais aussi de pouvoir bouger au cours de sa journée. Elle explique que rester longtemps dans la même position, même debout, est difficile pour elle. Alterner les activités lui permet de trouver un rythme qui lui correspond mieux. En fabrication, elle n’a pas de produit favori à préparer. Pour la dégustation, en revanche, son choix est fait : les croquants ! Laurence raconte qu’à ses débuts, elle goûtait volontiers les produits pour apprendre à les connaître et vérifier les cuissons. Elle est devenue plus sélective depuis, dit-elle avec humour. La boutique lui permet de retrouver ce qu’elle cherchait aussi dans le commerce : le plaisir du contact direct. Son expérience passée lui a appris à travailler de manière autonome ; à la Cave Noisel, elle garde cette capacité tout en participant au travail d’une équipe.
Des collègues qui donnent envie de venir travailler
Laurence parle de ses collègues avec une chaleur immédiate. Après une période où elle travaillait seule dans son atelier, elle mesure ce que leur présence change dans ses journées. « J’aime mes collègues. Franchement, c’est très motivant pour venir travailler », dit-elle. Elle décrit une équipe qui partage le travail, échange beaucoup et trouve aussi des occasions de rire. « On rigole un peu en cuisine. Et heureusement », ajoute-t-elle. Ces moments comptent particulièrement lorsque l’activité s’intensifie. À la Cave Noisel, les mois qui mènent aux fêtes demandent beaucoup d’énergie. Les commandes se multiplient, les journées peuvent être éprouvantes et d’autres personnes de LMDES viennent parfois prêter main-forte. Laurence apprécie cette entraide, même si elle parle franchement de la fatigue que ces périodes peuvent provoquer. Elle ne présente pas le travail d’équipe comme quelque chose de toujours facile. Il faut s’organiser, partager les tâches et trouver un rythme commun. Mais elle est heureuse de ne plus porter seule toute son activité : c’est précisément ce lien social qui lui manquait lorsqu’elle tenait sa boutique en ligne.
Une entreprise adaptée vue depuis le travail quotidien
Lorsque Laurence compare LMDES aux autres lieux où elle a travaillé, sa réponse est directe : « Je ne vois aucune différence. » Elle parle du travail à accomplir : les produits doivent être fabriqués, les commandes préparées et les clients accueillis. Cette réponse dit quelque chose de son regard sur l’entreprise adaptée. Laurence ne définit pas ses collègues par leurs difficultés. Elle voit les compétences, l’autonomie et l’effort nécessaires pour faire avancer une activité ensemble. Elle tient également à sa propre autonomie, acquise au fil d’un parcours où elle a souvent travaillé pour elle-même. À la Cave Noisel, elle apprend à la partager avec d’autres et à suivre une organisation collective. Les façons de travailler évoluent ; Laurence les observe avec sa franchise habituelle et veut voir comment elles fonctionneront pour l’équipe.
Continuer à faire vivre la Cave Noisel
Laurence se projette encore à la Cave Noisel pour les années à venir, peut-être jusqu’à sa retraite. Elle sait que l’avenir d’une entreprise dépend aussi de ses clients et que rien n’est acquis. C’est pourquoi elle accorde de l’importance aux périodes d’activité, à la fréquentation de la boutique et à la nécessité de faire connaître les produits. Son parcours explique la place particulière que tient aujourd’hui la Cave Noisel dans sa vie. Elle y a retrouvé les échanges qu’elle aiment tant, découvert des tâches qu’elle n’avait jamais envisagées et rencontré des collègues qui lui donnent envie de venir travailler. Derrière sa franchise et son humour, Laurence exprime un attachement simple à l’équipe : continuer à fabriquer, accueillir, s’entraider et faire vivre ce projet commun.

